
Réussir ses vidéos de supervision EMDR : conseils de praticiens en formation
Mis à jour le 6 janvier 2026
La réalisation de vidéos pour les supervisions constitue une étape clé — et parfois source d’appréhension — dans le parcours de formation EMDR. Comment filmer ? Quel matériel utiliser ? Que faut-il montrer exactement ? Comment se préparer ?
Pour répondre à ces questions, nous avons interrogé des professionnels en cours de formation EMDR.
Leurs réponses, riches d’expériences concrètes, offrent un panorama précieux de conseils pratiques et de retours d’expérience. Cet article compile l’intégralité de leurs témoignages, classés par thématiques, pour vous accompagner dans cette étape de votre formation.
Vous pouvez témoigner ici.
Conseils et astuces partagés par les praticiens en formation
Quoi de mieux que l’expérience de ceux qui sont passés par là ? Dans cette première partie, des praticiens en cours de formation EMDR partagent généreusement leurs conseils et astuces pour réussir la réalisation de leur vidéo de supervision. De la maîtrise du protocole aux aspects techniques, en passant par la gestion du stress et la relation avec le patient, leurs témoignages constituent une véritable boîte à outils pour aborder cette étape avec sérénité.
Se lancer rapidement après la formation
Le message est unanime : ne pas attendre pour commencer à pratiquer. Plus le temps passe après la formation théorique, plus il est difficile de conserver les acquis et de se sentir à l’aise avec le protocole.
Karine Mairesse : « Ne pas tarder à se lancer. »
K.: « Se lancer rapidement pour filmer. »
Diane : « Commencer à faire la pratique aussitôt après la formation théorique. »
Caroline Bidaux Maitrot : « Pratiquez dès la fin de la formation car le risque est de perdre ce qui a été découvert et d’en perdre une partie des bénéfices. »
C. : « Pratiquer dès la fin de la formation pour se familiariser rapidement et efficacement avec le protocole. »
C. : « Il faut se lancer très rapidement dans la réalisation d’une vidéo même si on n’a pas l’impression d’être prêt, car la réécouter et time-coder les différentes parties est très formateur et permet de progresser. Il m’a fallu faire plusieurs vidéos avant d’être satisfaite du résultat ! »
Anthony Bathsavanis : « Ne pas attendre avant de faire des vidéos. »
S’entraîner et pratiquer
La répétition est la clé de la maîtrise. Que ce soit avec des collègues volontaires ou des patients, multiplier les occasions de pratiquer permet de gagner en fluidité et en confiance.
Guillemette Casteres, qui exerce en cabinet libéral avec des adultes et couples : « S’entraîner, s’entraîner, s’entraîner et ne pas hésiter à faire de la co-vision pour mieux intégrer le protocole. »
G. : « Faire le plus de pratique possible sur des traumatismes simples. »
M. : « Hélène Dellucci nous a dit qu’elle s’était entraînée, entraînée, entraînée… c’est la pratique qui nous permet d’être plus fluide. »
Anastasia Bouchon, psychologue clinicienne dans un cabinet de RPS (clinique adulte) : « Prendre des cobayes pour se sentir plus à l’aise avec le protocole. »
Caroline Bidaux Maitrot : « Pratiquer beaucoup de protocoles à la lettre pour être bien à l’aise. »
C. : « Répéter de nombreuses fois le protocole pour gagner en fluidité. »
Maîtriser le protocole
Le respect scrupuleux du protocole est un critère essentiel d’évaluation pour le 1er cycle de supervision. Plusieurs praticiens recommandent de garder le protocole sous les yeux pendant les séances, voire de le lire directement. Loin d’être un signe de faiblesse, cette approche permet de garantir la rigueur de la pratique.
Anastasia Bouchon, psychologue clinicienne dans un cabinet de RPS (clinique adulte) : « Bien travailler le protocole avant de démarrer et préparer des fiches. Visionner toutes les vidéos pour voir les erreurs/oublis et se perfectionner. »
Claire : « N’ayez pas peur d’avoir vos feuilles de travail devant les yeux. »
A. : « Ne pas s’éloigner du protocole standard, être scolaire. »
Amandine Morin : « Coller le protocole et lire simplement. »
Christine du Mesnil : « Imprimez le protocole sur une feuille en la plastifiant / avoir une tablette pour écrire. »
C. : « Pour ma part, j’ai réécrit l’ensemble du protocole avec toutes les étapes en sélectionnant ce qu’il faut dire et ça m’est bien utile. Quand on dit au patient qu’on va lire le protocole par souci de l’appliquer parfaitement, ça facilite sa compréhension et notre apprentissage. »
FB : « Mes conseils seraient de lire le protocole tout simplement et d’annoncer vos « erreurs » au superviseur pour montrer que vous les avez comprises. »
S. : « J’encourage mes collègues à garder le plus possible le canevas sous les yeux au début et apprendre presque par cœur avant d’envisager de filmer. On rajoute le stress de la caméra seulement une fois qu’on connaît le protocole sur le bout des doigts ! »
Anthony Bathsavanis : « Le suivi du protocole ne doit tolérer aucune improvisation, le fait de lire peut sembler bizarre, mais j’ai intégré cet élément à la préparation que j’ai faite avec le patient, il était au courant que j’allais lire et il était d’accord avec ça. Il est nécessaire de le suivre très scrupuleusement, mot à mot, et ça fonctionne (et ça ne fonctionnera pas mieux, voire moins bien, si on commence à vouloir ajouter, retirer ou modifier un mot par ci par là, ne serait-ce parce que quand on veut revenir au protocole, on risque de s’embrouiller). »
N. : « Présenter une vidéo qui respecte à la lettre le protocole. »
Darius AZIKA EROS : « Suivre scrupuleusement le livret d’apprentissage. »
C. : « Bien faire préciser les enchaînements Situation Initiale, SBA, nombre de retours positifs ou neutres avant de demander le SUD. »
S. : « Suivre le protocole et bien préparer la présentation du plan de ciblage. »
F. : « L’importance de faire le minutage et de suivre le schéma donné : cela permet de s’approprier toutes les étapes du protocole. »
Filmer régulièrement
Filmer toutes ses séances — ou du moins le plus grand nombre possible — est un conseil qui revient très fréquemment. Cette pratique permet non seulement de disposer de plusieurs vidéos parmi lesquelles choisir, mais aussi de s’habituer à la présence de la caméra.
A. : « Filmer toutes les séances. »
A. : « Filmer tout ! »
L. : « Filmer chaque séance comme si c’était un impératif. »
M. : « Filmer chaque séance comme si c’était un impératif. »
Laura Bottini-Porsolt : « De faire plein de vidéos, de se regarder, pour s’améliorer, et ensuite se poser la question de la vidéo à soumettre. »
Julie Vuillemin : « Filmer au maximum et décortiquer chaque vidéo pour pouvoir s’améliorer. »
Hasina Andrianarivony Bakohariliva : « Toujours s’exercer à filmer (avec accord de l’un ou des parents) pour arriver à une vidéo adéquate. »
X. : « Ne pas hésiter à faire plusieurs vidéos (voire filmer toutes les séances avec les patients qui donnent leur accord), comme ça on s’habitue à la caméra et nos patients aussi et si une vidéo est mal filmée, inaudible ou qu’on juge qu’on aurait pu mieux faire lors de la séance, on en a beaucoup d’autres qui pourraient mieux convenir à présenter en supervision. »
Anthony Bathsavanis : « Filmer absolument toutes les séances de désensibilisation. »
Caroline Rèbéna : « Il semble important de filmer beaucoup de séances car c’est souvent en dehors d’un film que l’on se trouve avec une situation simple et où tout se déroule pour le mieux. Multiplier les séances filmées ôte du stress et l’habitude a du bon. »
E. : « Filmer systématiquement dès qu’un patient est d’accord : on est de plus en plus à l’aise au fil des essais. »
V. : « Ne pas être dans l’évitement et faire plusieurs vidéos. »
Chrystelle Promet : « De faire de nombreuses vidéos car se trouver la veille de la supervision et ne trouver aucune vidéo optimale… C’est pas génial et source de stress. »
Visionner ses vidéos pour progresser
Se revoir en situation est l’un des meilleurs moyens de progresser. Les praticiens témoignent unanimement de l’intérêt de ce travail d’auto-analyse, même s’il peut parfois être confrontant.
Audrey : « Il est vrai que cela est chronophage, mais en début de pratique, filmer toutes les séances et les visionner ensuite est très formateur. »
Anthony Bathsavanis : « Visionner tout en regardant le protocole. C’est fou à quel point nos erreurs nous sautent aux yeux quand on se revoit faire. Et l’inverse est vrai aussi, on sait à coup sûr quand on a fait une bonne séance. »
X. : « Regarder ses vidéos est vraiment très formateur. On repère nous-même ce qu’on aurait pu dire/faire autrement. On peut s’ajuster plus facilement en se regardant et s’améliorer. »
Caroline Rèbéna : « En revisionnant on apprend beaucoup de notre pratique même si cela entraîne indubitablement de la frustration. »
K. : « Filmez-vous plusieurs fois avant de proposer votre vidéo : on apprend beaucoup en se revoyant à l’écran. »
V. : « Bien visionner ses vidéos avant de les présenter. »
S’habituer à être filmé et habituer le patient
La présence de la caméra peut générer du stress, tant pour le thérapeute que pour le patient. Filmer régulièrement, y compris lors de séances d’entraînement, permet de dédramatiser cet aspect et de retrouver un comportement naturel.
Noémie MARCHÉ-ZERNA : « Filmez dès vos premiers entretiens pour vous familiariser avec la gestion de la caméra (mon ordinateur s’est mis en veille la première fois par exemple) et avec le fait d’être filmé.e et de filmer quelqu’un. Je crois que si on est à l’aise, le ou la patient.e aussi ! »
Audrey : « Filmer toutes les séances permet de s’habituer soi-même, ainsi que le patient, à la présence du téléphone / de la caméra. »
Lebeau Séverine : « S’entraîner à filmer avant de réaliser la vidéo qui sera présentée. Pour gérer au mieux le matériel / image et son mais également pour s’habituer à être filmée. »
Caroline Bidaux Maitrot : « Utiliser la caméra très régulièrement avant de réaliser votre vidéo pour oublier que vous êtes filmés le jour où vous la réalisez pour la supervision. C’est un réel plus je trouve. Se savoir filmée ajoute une vraie tension. »
A. : « Faites une ou plusieurs vidéos d’entraînement pour être plus détendu. Le stress ou l’envie de bien faire peuvent gêner le déroulement du protocole, surtout pour la phase 3. »
L. : « Tester plusieurs outils et plusieurs positions dans l’espace. »
M. : « Tester plusieurs outils et plusieurs positions dans l’espace. »
Demander l’accord des patients
Demander à un patient l’autorisation de filmer peut sembler délicat. Pourtant, les témoignages montrent que beaucoup de patients acceptent volontiers, comprenant qu’ils contribuent ainsi à la formation de leur thérapeute.
Magalie Ruzzin : « Certains patients sont très ouverts à la vidéo, ne pas hésiter à demander car on peut avoir de bonnes surprises ! »
E. : « Expliquer la démarche aux patients fonctionne bien. »
Karine Mairesse : « L’expérience nous montre que les patients sont souvent heureux de nous aider en acceptant d’être filmés ! »
Sabine HOTTOIS : « Oser demander car finalement j’étais surprise du oui de deux des trois patients interrogés pour leur autorisation à filmer. »
Choisir une situation simple
Pour maximiser les chances de validation, il est recommandé de choisir un cas clinique simple, permettant de dérouler le protocole standard sans complications particulières.
S. : « Choisir un plan large si le bureau le permet, avec une bonne lumière et de faire la vidéo avec un patient « facile » pour pouvoir faire un protocole standard du début à la fin. »
C. : « Choisir une séance achevée très simple et courte… pas facile à trouver. »
Le matériel : généralités
Le choix et la maîtrise du matériel technique peuvent représenter un défi. Anticiper ces aspects permet d’éviter bien des désagréments le jour de l’enregistrement.
Arianne Ottolini, psychologue libérale : « Très concrètement, tous les outils existant sur le marché : micro cravate. La possibilité d’être joint par les collègues pour donner des réponses concrètes. Un expert pour chaque modèle de smartphone. Plus généralement, pour chaque système d’exploitation : iOS, Microsoft, Android, Ubuntu… »
Diane : « Régler les difficultés techniques : matériel informatique avant de faire votre enregistrement. »
E. : « Se renseigner sur les tutos correspondant à la marque de son appareil pour réaliser une bonne vidéo. »
Isabelle Candito : « Installez le pied de caméra/phone, un pupitre de musique et le laisser dans le cabinet simplifie la demande préalable de filmer un patient/client à la séance suivante. »
P. : « J’ai opté pour un appareil DJI MIMO que je dirige depuis mon téléphone mobile mais j’ai encore quelques difficultés à maintenir la durée. Je trouve néanmoins ce type d’appareil plutôt adapté. »
Le son : micro-cravate recommandé
La qualité du son est un élément crucial, souvent sous-estimé. De nombreux praticiens recommandent l’investissement dans un micro-cravate, peu coûteux mais très efficace.
Virginie Birobent : « Investir dans un petit micro cravate. »
Anabelle Martin : « Au niveau technique, les micro-cravates, pas très chers et vraiment une garantie pour le son des vidéos. »
Virginie Lenfant : « Le port d’un micro cravate pour la qualité du son. »
X. : « S’équiper de micro-cravates pour un son de qualité (entre 20 et 30 euros). »
X. : « L’angle de prise de vue et faire porter un micro pour bien entendre le son. »
Audrey : « Même si le son de l’enregistrement est correct, lors du partage de la vidéo en supervision, la vidéo n’est pas toujours bien audible. Si c’était à refaire, j’investirais probablement dans un micro. »
J. : « Je conseille d’utiliser le micro qui se trouve sur les écouteurs filaires pour avoir une meilleure qualité de son. Branchez vos écouteurs à votre téléphone et placez le micro plus près de vous et votre patient. »
C. : « Astuce technique : si on filme avec une webcam, prévoir d’enregistrer le son en séparé (par ex avec le téléphone) et synchroniser les deux au montage. Cela permet d’avoir un son beaucoup plus qualitatif. »
L’image : cadrage et lumière
Un bon cadrage et une lumière adéquate sont essentiels pour que le superviseur puisse observer correctement la séance. Quelques précautions simples permettent d’éviter les erreurs classiques.
Nathalie Coulon, psychologue du travail en libéral : « Attention au contre-jour. Faites un test au préalable pour vérifier que l’on voit bien les SBA, les yeux du patient et l’on entend le son des voix. »
S. : « Choisir un plan large si le bureau le permet, avec une bonne lumière. »
X. : « Positionner le téléphone en long. »
C. : « Pour mes vidéos, j’utilise mon ordinateur et un logiciel qui s’appelle CLIPCHAMP. J’ai rajouté un micro dans un premier temps mais maintenant j’ai une webcam ce qui me permet de la positionner indépendamment de l’ordinateur, proche du patient. Ce dernier ne se voit pas filmé et l’enregistrement du son est de bonne qualité. »
L. : « Il est préférable de s’assurer que le son et le cadrage sont de qualité. »
Le stockage et le format
Les vidéos de supervision sont souvent volumineuses. Prévoir un espace de stockage suffisant et vérifier la compatibilité du format avant le jour J permet d’éviter de mauvaises surprises.
Mélanie Pialot, Neuropsychologue en structure et établissement, adultes, personnes âgées : « Penser à la capacité de stockage et dans un « lieu » sécurisé, comme disque dur externe, j’ai « raté » des enregistrements à cause du matériel utilisé, trop peu de stockage et beaucoup de vidéos en peu de temps… »
J. : « Faites attention au format de votre vidéo, choisissez mp4 ça marche sur Zoom. »
M. : « S’entraîner avant à partager la vidéo et voir si le format est valide. »
Flore Pothelune : « Emprunter, acheter une caméra pour avoir un son et une image de qualité mais attention à ce que la vidéo ne soit pas trop lourde pour le partage dans Zoom ! »
Le transfert et le partage de la vidéo
Le transfert d’une vidéo volumineuse peut s’avérer complexe. Plusieurs solutions existent, et il est conseillé de les tester avant la supervision.
C. : « Je conseille WeTransfer pour le partage de vidéo. »
Sabine Hottois : « Savoir à l’avance comment transférer le film. Je filmerai à partir de mon ordinateur portable pour la prochaine date de supervision. »
Sabine HOTTOIS : « Filmer avec l’ordinateur avec lequel on est en supervision, en distanciel, j’avais échoué avec mon téléphone ; ceci n’étant que mon cas particulier. »
L’amélioration du son en post-production
Si la qualité sonore de l’enregistrement n’est pas optimale, des logiciels permettent de l’améliorer après coup.
S. : « Possibilité d’augmenter le son avec logiciel iMovie (sur Mac) ou équivalent, et passer plusieurs fois la vidéo pour que ça améliore à chaque fois le son. »
Le minutage de la vidéo
Repérer précisément les moments clés de la séance (phases du protocole) et noter leur emplacement temporel facilite grandement la présentation en supervision.
Nathalie Coulon, psychologue du travail en libéral : « Bien se noter les différents temps sur la feuille de suivi de la vidéo car on ne vous demandera le visionnage que de certains moments clés. »
F. : « L’importance de faire le minutage et de suivre le schéma donné : cela permet de s’approprier toutes les étapes du protocole. »
Présenter une vidéo dès la première supervision
Même si la vidéo n’est pas parfaite, la présenter dès la première supervision permet de bénéficier de retours précieux et d’avancer plus rapidement dans sa formation.
M. : « En faire plusieurs et présenter même celles qui vous paraissent ratées ! Présentez dès la 1ère séance de supervision. »
S. : « De présenter une vidéo dès la 1ère supervision. »
Emilie POULIQUEN : « D’amener une vidéo de façon systématique lors de la 1ère supervision même si elle ne remplit pas les critères de validation. »
L. : « J’ai présenté une vidéo sachant qu’elle ne serait pas validée, je souhaitais avoir des précisions sur quelques points et présenter cette vidéo m’a aidée. »
Audrey : « Même si la vidéo représente un enjeu en niveau 1 (validation), si elle n’est pas validée, elle demeure un très bon support de travail pour soi et les autres membres du groupe. »
Organiser sa première supervision tôt
Programmer sa première supervision rapidement après la formation permet de corriger d’éventuelles erreurs avant qu’elles ne deviennent des habitudes.
Noémie MARCHÉ-ZERNA : « Organisez votre première supervision très très tôt (2 mois après la formation pour moi) car cela permettra de corriger des erreurs majeures dont vous n’avez pas conscience au début. Il y a tellement d’informations lors de la formation ! Cela vous corrigera dès le début et vous donnera confiance pour la suite. En plus, vous n’aurez eu que peu de séances donc moins de risque de prendre de mauvaises habitudes ou d’aller dans la mauvaise direction avec vos patients. »
Considérer la vidéo comme une opportunité
Plutôt que de vivre la vidéo comme un examen stressant, plusieurs praticiens invitent à la considérer comme une occasion unique de bénéficier d’un regard expert sur sa pratique.
F. : « Personnellement, je conseillerais de considérer la vidéo non pas comme un examen mais comme une occasion extraordinaire (dans les deux sens du terme) pour pouvoir montrer sa pratique quasiment « in vivo » et avoir des conseils avertis de la part d’un clinicien expert. Cela n’arrive pas tous les jours alors il faut en profiter ! »
Chrystelle Promet : « La vidéo c’est formateur même si c’est une épreuve. »
Poser des questions en supervision
La supervision est aussi un espace d’échange. Ne pas hésiter à poser ses questions et à partager ses difficultés permet d’en tirer le meilleur parti.
Stéphanie : « Poser toutes les questions avant de présenter la vidéo. »
P. : « Avoir un regard critique sur notre activité. Partager ses questionnements et difficultés rencontrées dans le suivi de nos patients. »
Préparer la présentation orale
La présentation de la vidéo en supervision ne se limite pas au visionnage. Elle inclut également la présentation du cas clinique, du plan de ciblage et une réflexion critique sur sa pratique.
E. : « Ne pas perdre de vue le plan de ciblage : la qualité de la vidéo est vraiment dépendante du travail réalisé en amont autour du plan de ciblage. Avoir des notes structurées le jour de la présentation de la vidéo en reprenant exactement la trame fournie et s’entraîner en amont à présenter sa vidéo (anamnèse, plan de ciblage…). Remplir en détail le tableau avec le codage du temps. Se préparer aux questions qui pourraient nous être posées. Adopter une position critique vis-à-vis de notre travail et relever les points qu’on pourrait améliorer ainsi que nos questionnements. »
Préparation du patient
Une bonne préparation du patient à l’EMDR et au fait d’être filmé contribue à la réussite de la séance et, par conséquent, de la vidéo.
Anthony Bathsavanis : « La préparation du patient est primordiale. »
C. : « Privilégier le format en présentiel dans la mesure du possible afin de ne pas prendre de « mauvais plis » dès le départ. Rappeler la bienveillance du processus (autant pour le thérapeute que pour le patient) et s’appuyer sur la relation thérapeutique et la confiance qu’on peut lui accorder pour avancer avec le patient et dans son parcours de formation EMDR. »
Entraide entre collègues
S’appuyer sur ses collègues de formation, créer des groupes de travail et utiliser les ressources collectives permet de surmonter plus facilement les difficultés.
Anabelle Martin : « Pratiquer, et pratiquer, demander de l’aide sur les groupes ou à des collègues plus expérimentés, rester en contact avec ses collègues de formation. Faire de petits groupes de travail avec les collègues de formation qui sont très soutenants pour partager ses difficultés et ses préoccupations. Ne pas rester seul(e) face à la difficulté. Utiliser les ressources en ligne ! »
Critères de validation
Au-delà du respect du protocole, certains critères cliniques sont également évalués. Connaître ces attentes permet de mieux cibler ses efforts.
A savoir : Alors que la thérapie EMDR gagne en reconnaissance et démontre la force de son efficacité clinique, nous partageons avec vous la responsabilité de protéger les patients et de favoriser leur rétablissement. Notre rigueur en matière d’évaluation est l’expression directe de notre engagement collectif envers ceux qui vous confieront leur santé mentale. Nos critères de validation sont conçus dans une seule perspective : permettre à chaque patient de recevoir des soins correspondant aux plus hauts standards de qualité et vous accompagner au mieux sur ce projet.
Kawczak Déborah : « Tous les conseils que les collègues ont déjà donnés sont précieux et à prendre en compte. La supervision m’a permis d’entériner le fait qu’une vidéo, pour être validée, doit contenir une congruence entre l’image donnée par le patient et la cognition négative qui suit. L’état d’activation doit également a minima pouvoir être observé. »
L. : « Il est préférable de s’assurer que les CN et CP soient valides. »
Isabelle Fargette : « Ce n’était pas une vidéo parfaite qui était attendue, mais un regard critique sur cette vidéo. »
Ce que les praticiens auraient aimé savoir avant de réaliser leur vidéo
Une fois la vidéo réalisée, les praticiens portent un regard rétrospectif sur leur préparation. Qu’auraient-ils aimé savoir avant de commencer ? Quelles informations leur ont manqué ?
De nombreux praticiens témoignent que les documents fournis et les explications données pendant la formation étaient suffisamment clairs pour préparer leur vidéo. Comme le résume Audrey : « Les conseils donnés dans le manuel sont amplement suffisants. » Sabine confirme : « En fait, tout était clair et largement expliqué dans les documents remis ou accessibles sur le site. »
D’autres praticiens, cependant, ont rencontré des interrogations ou des difficultés sur certains points. Cette partie rassemble leurs réflexions et leurs questionnements, accompagnés d’encadrés « À savoir » qui répondent aux interrogations les plus courantes. Un éclairage précieux pour anticiper les obstacles et mieux vous préparer.
Le cadrage de la vidéo : que doit-on voir ?
Le cadrage de la vidéo suscite de nombreuses interrogations : faut-il voir le thérapeute, le patient, les mains, les yeux ? Les retours montrent que les consignes peuvent parfois varier selon les superviseurs.
- Comment cadrer ma vidéo ?
- Doit-on voir le visage du patient ?
- Est-ce-que c’est grave si on voit les yeux du participant mais pas mes mains ?
- Est-ce-que je dois apparaitre sur la vidéo ?
Guillemette Casteres : « Quels sont les critères très précis à voir sur la vidéo : Nous voir de dos, Entendre bien, Bien cadrer le temps de parole du patient, le couper si nécessaire pour aller au mieux au cœur du processus. »
S. : « J’aurais voulu savoir l’importance de voir ce qu’il y a autour du patient quand on le filme car j’ai eu des consignes un peu différentes d’un superviseur à l’autre. Certains m’ont dit qu’on devait particulièrement bien voir le mouvement des yeux et que le mode de stimulation (bras, baguette, machine, etc.) importait peu du moment que le patient était correctement stimulé. »
C. : « J’aurais aimé savoir si mon mouvement de SBA était bon comme j’avais réalisé la formation théorique en distanciel et non en présentiel (je n’ai pas eu l’occasion de le faire vérifier efficacement car pas présente sur site au moment de la formation). Cela m’aurait permis de mieux me concentrer sur le contenu et de contourner des difficultés « évitables ». »
V. : « Il faut faire attention au son et au cadrage. Il faut bien filmer les moments clés et les situer dans la vidéo, cependant il n’est pas nécessaire de filmer toutes les séances de préparation en entier. »
X. : « L’angle de prise de vue et faire porter un micro pour bien entendre le son. »
Le contenu à filmer : quelles phases ?
Des questions se posent fréquemment sur les phases du protocole à filmer : faut-il tout enregistrer ou seulement certaines parties ?
- Est-ce-que je dois filmer toutes les séances ?
- Faut-il filmer la phase 1 ? la phase 2 ? et la phase 8 ?
- Doit-on filmer le lieu sûr ?
- Le contenu des vidéos
Lucie : « Peut-être préciser qu’il faut que chaque phase 3-4-5-6-7 doit être filmée et montrée (ce qui peut correspondre à plusieurs vidéos et pas une seule). »
Noémie MARCHÉ-ZERNA : « J’aurais aimé toutefois savoir quelle phase filmer en particulier ou s’il faut absolument tout filmer, et s’il faut faire une vidéo par phase. »
Les critères de validation et les attentes
Les attentes précises concernant la validation de la vidéo ne sont pas toujours claires pour les praticiens en formation. Certains auraient aimé mieux comprendre ce qui est évalué.
Claire : « Qu’il faut vraiment respecter le protocole de façon très rigoureuse. »
Virginie Birobent : « Je n’avais pas compris que la vidéo devait être « réussie », ce qui pour moi n’est pas une supervision mais un examen… »
F. : « Que la notion d' »intégration du protocole » soit plus claire : les éléments cliniques fondamentaux à apprendre et à montrer absolument dans la vidéo, notamment l’importance de faire une phase 3 parfaite ainsi que le début de la phase 4. »
C. : « J’aurais voulu savoir que le film devait être « parfait ». Cela me semble compliqué d’avoir des patients à filmer et qu’en plus il n’y ait pas d’hésitation sur les CP CN, aucun oubli… »
M. : « Un collègue de formation ayant déjà fait ses supervisions nous avait précisé que la vidéo ne devait pas être trop longue, ni trop courte non plus (environ 40 à 50 min), bien comporter toutes les étapes de désensibilisation, que l’on puisse bien observer le retraitement par le patient tout en restant dans sa fenêtre de tolérance, que le thérapeute doit respecter le verbatim à la lettre, bien travailler sur l’étape évaluation de manière rigoureuse (recherche des cognitions, thème, sensation, émotion), et que le thérapeute ne devait que peu intervenir en dehors du protocole de base, ceci m’a été utile. »
E. : « Aucune vidéo présentée n’est parfaite. L’exercice est difficile mais vraiment formateur. Nous ne sommes pas évalués uniquement sur la vidéo en tant que telle, mais aussi sur notre manière de réfléchir autour du cas clinique présenté. »
M. : « Préciser que toute la vidéo n’était pas visionnée, ce qui compte c’est la mise en route. Et la clôture. »
Isabelle Fargette : « J’aurais aimé savoir que ce n’était pas une vidéo parfaite qui était attendue, mais un regard critique sur cette vidéo. »
Le plan de ciblage et la présentation orale
La supervision ne se limite pas à la vidéo : elle inclut également la présentation du cas clinique et du plan de ciblage. Certains praticiens auraient aimé être mieux préparés à cet aspect.
Le contenu des vidéos (phase 3 à 7) et ce qui doit être présenté oralement (phases 1 et 2)
FB : « J’aurais aimé savoir qu’il fallait élaborer un plan de ciblage détaillé en plus de la vidéo. Ma vidéo a été validée mais comme j’avais choisi une collègue et pas un « vrai patient », je n’avais pas une connaissance approfondie de sa problématique ni de son anamnèse, on m’a reproché de ne pas avoir fait de plan de ciblage. J’aurais aimé savoir qu’il fallait pour la première supervision du niveau 1 avoir conçu un plan de thérapie, et pas seulement une désensibilisation. Donc je trouve que l’attendu n’est pas vraiment calqué sur les praticums faits pendant le N1. »
Anthony Bathsavanis : « L’importance primordiale de la préparation du patient à l’EMDR. Ma vidéo a été acceptée et je pense que je dois une partie de ma réussite au temps que j’ai passé avec le patient pour lui expliquer le fonctionnement du TAI et du processus EMDR mis en place pendant une séance. Il s’agit vraiment là d’un facteur déterminant que je connaissais bien sûr avant de faire ma vidéo, mais je n’avais sans doute pas mesuré à quel point c’était vraiment très important. »
L’envoi de la vidéo
Des interrogations subsistent parfois sur la nécessité ou non d’envoyer la vidéo à l’avance au superviseur.
Nathalie Coulon : « Qu’il n’était pas nécessaire de l’envoyer. C’est un grand format, et je ne suis pas une spécialiste 🙂 j’ai finalement réussi avec TransferNow (gratuitement)… alors que ce n’était pas nécessaire ! »
Lucie : « Pas la peine d’envoyer les vidéos en amont contrairement à ce que j’avais compris. »
À savoir : Faut-il que j’envoie par mail quelques jours à l’avance mes documents (fiche de suivi, fiche de la vidéo, etc.) à mon superviseur ?
Les aspects techniques
Les difficultés techniques (format, transfert, qualité du son) représentent un obstacle fréquent. Plusieurs praticiens auraient souhaité des conseils plus précis sur ces aspects.
- Dossier Réaliser une vidéo
- Aspects technique de la vidéo
- VIDEO N1 – Comment positionner la vidéo ?
- VIDEO N1 – J’ai des problèmes de son… ma vidéo est inaudible
- Comment transférer votre vidéo de supervision ?
- Eviter les problèmes techniques lors de l’enregistrement
- Filmer avec son ordinateur : guide pratique
- Comment stocker vos vidéos en toute sécurité ?
- Quel format vidéo choisir pour la supervision ?
- Comment obtenir un son de qualité pour vos vidéos ?
- Comment améliorer le son d’une vidéo après l’enregistrement ?
S. : « Qu’il est possible de retraiter le son avec un logiciel. »
M. : « Les questions techniques (format vidéo, ne pas filmer avec un téléphone, comment filmer avec un ordinateur, la question du son à surveiller +++). »
P. : « Le problème technique, étant très surchargé, a pris du temps, que des conseils précis auraient pu faire gagner. »
M. : « Importance de la qualité de l’image et surtout du son – exemple de matériel utilisé qui fonctionne ou ne fonctionne pas. »
C. : « J’aurais aimé mieux connaître les moyens possibles d’envoyer ma vidéo au superviseur de manière efficace avant l’échéance de la supervision et ne pas perdre de temps le jour de l’envoi. »
C. : « Avoir davantage de conseils techniques pour transférer la vidéo. »
C. : « J’ai aussi manqué de technique pour transférer ma vidéo mais le groupe WhatsApp m’a bien aidé donc j’ai pu la présenter finalement. »
Christine du Mesnil : « Avoir un avis au préalable : ma vidéo n’était pas d’une qualité géniale (mais c’était passable) car mon iPhone n’a pas filmé en grand angle (et je ne sais pas si c’est possible…). L’avis d’un technicien/informaticien pour savoir utiliser la vidéo de mon téléphone au mieux m’aurait aidée. »
M. : « Que certains players marchent mieux que d’autres. »
X. : « Des conseils purement techniques car ça peut être vraiment difficile (transfert de fichier lourd, conversion etc.). »
L. : « Comment partager une vidéo via wifi… comment transmettre une vidéo de 45 minutes d’un iPhone sur un Mac de manière efficace. »
E. : « Utiliser des micros cravate (les entrées de gamme suffisent largement à des tarifs raisonnables). Le son des téléphones est très souvent inexploitable. »
Virginie Lenfant : « Et peut-être une vidéo pour montrer comment s’organiser pour la prise vidéo. »
Filmer avec un téléphone
La possibilité de filmer avec un téléphone portable est une question récurrente. Si c’est techniquement possible, des difficultés peuvent survenir notamment lors du transfert.
- VIDEO N1 – Est-ce que je peux filmer avec mon téléphone ?
- Filmer avec un smartphone
- Filmer avec un téléphone, ce qu’il faut savoir
HOTTOIS Sabine : « En formation initiale et en présentiel, à Paris, les formateurs et superviseurs ont validé la possibilité de filmer à partir d’un téléphone mobile, ce que j’ai fait mais je n’ai pas pu transférer sur mon PC pour la supervision. »
C. : « De ne pas absolument éviter de filmer avec iPhone ou tablette s’ils sont de bonne qualité de son et d’image… car j’ai cherché absolument à m’équiper, acheté quelque chose d’inutile au final. J’ai perdu beaucoup de temps avec cela entre autres. »
Les vidéos en visio
Les vidéos réalisées en visioconférence ne sont pas acceptées pour la validation du niveau 1. Cette information n’était pas toujours connue des praticiens.
À savoir : VIDEO N1 – Est-il possible de présenter la vidéo d’une séance effectuée en ligne avec mon patient ?
Amandine Morin : « Que les vidéos en visio ne sont pas acceptées et que la visio n’est pas obligatoire à la 1ère intervision. »
Présenter une vidéo avec un protocole standard
Pour le premier cycle de supervision, les vidéos doivent suivre le protocole standard. Cette règle n’était pas toujours claire pour tous.
L. : « J’aurais aimé savoir qu’il fallait uniquement que les vidéos concernent des majeurs. »
L’importance de présenter une vidéo même imparfaite
Plusieurs praticiens regrettent de ne pas avoir présenté de vidéo lors de leur première supervision, même imparfaite. Les retours obtenus auraient été précieux pour progresser.
Diane : « Je regrette de ne pas avoir présenté une vidéo à la première supervision. »
Stéphanie : « J’aurais aimé savoir si elle était « présentable » avec un avis du superviseur en amont car j’ai présenté une vidéo sur un trauma récent afin de pouvoir apprendre et progresser sachant que c’était plus délicat mais je ne pensais pas que le protocole ne serait pas validé donc j’étais déçue d’avoir voulu présenter une vidéo plus complexe qu’un protocole de trauma simple. »
Emilie POULIQUEN : « Je n’ai pas présenté de vidéo pour la 1ère supervision car je ne validais pas les critères demandés (sur le papier). Je savais qu’elle ne serait pas validée. J’ai fait 6 prises en charge en EMDR et je les ai toutes filmées. J’aurais dû présenter une vidéo pas « validable » simplement pour avoir un avis. J’ai perçu un cadre trop « strict » à la réalisation de cette vidéo alors que j’ai trouvé l’échange lors de la supervision très formateur et soutenant. J’ai donc quelques regrets. »
Montrer la liste des cognitions positives
Il est possible de montrer au patient une liste de cognitions positives pendant la phase de préparation. Cette information n’était pas connue de tous.
V. : « J’aurais aimé savoir qu’il était possible de montrer une liste des cognitions positives pendant la préparation. »
Que signifie « time code » ?
Le terme « time code » désigne le repérage temporel des différents moments de la vidéo. Cette notion technique n’était pas familière à tous les praticiens.
C. : « Il faut se lancer très rapidement dans la réalisation d’une vidéo même si on n’a pas l’impression d’être prêt, car la réécouter et time-coder les différentes parties est très formateur et permet de progresser. »
Le rendez-vous d’information sur les supervisions
Certains praticiens auraient apprécié un temps d’échange dédié aux questions pratiques sur les vidéos et les supervisions.
Notre équipe a mis en place un Rdv d’information sur les supervisions qui vous permet de poser toutes vos questions sur les supervisions et d’échanger avec vos collègues.
Arianne Ottolini : « Il faudrait ajouter une heure de formation pratique au niveau 1 pour parler de cet aspect technique. Juste une heure, l’avant-dernier jour. Ce ne sont pas tous les conseils techniques dans le manuel ou en ligne qui manquent mais la possibilité pratique d’en parler avec les uns et les autres. »
Aller plus loin
Dossier(s) : Réaliser une vidéo



